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Publié Le 13.11.2018 à 15h43
« Ça doit se savoir », « Alter Santé », « Libre Info » : un seul homme derrière un réseau de désinformation
Les Décodeurs ont identifié un Français, Johann Fakra, derrière une trentaine de sites mensongers, présentés comme des médias « alternatifs ».
Par Adrien Sénécat
Temps de lecture : 5 min
« Mon site ? Je n’ai pas de site. » Lorsque Le Monde l’a interrogé sur ses activités, Johann Fakra a nié en bloc. A l’en croire, il n’est lié ni de près ni de loin à l’administration de blogs ou de sites Internet. Pourtant, c’est bien la main de ce Français que l’on trouve derrière un vaste réseau de sites et de pages Facebook, bâti patiemment depuis des années.
Ces médias qui se disent « alternatifs » diffusent régulièrement des articles sensationnalistes et de fausses informations, parfois aux accents conspirationnistes. Réunis, ils constituent l’un des plus gros réseaux de désinformation français : nous avons identifié plus d’une trentaine de sites qui en font partie, et cette liste n’est probablement pas exhaustive. Mais malgré cet activisme, Johann Fakra avait réussi à rester relativement anonyme. Jusqu’à ce que nous remontions à lui.
Un réseau d’une trentaine de sites de désinformation
Captures d’écran des logos des principaux sites du réseau. Les Décodeurs
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A première vue, tous ces sites ressemblent à des blogs amateurs indépendants les uns des autres. Cadoitsesavoir.fr, par exemple, se veut être une « revue de presse alternative » qui diffuse des informations politiques et internationales. Ta-sante.fr, quant à lui, véhicule des conseils en matière de santé, qui ont de quoi faire tiquer l’immense majorité des spécialistes. De son côté, Tranchederire.fr diffuse des articles de divertissements sous des titres sensationnalistes. Et ainsi de suite.
Aucun de ces médias n’explique clairement qui en sont les administrateurs, se contentant de mentionner une adresse e-mail de contact générique. Nous en avons trouvé sept différentes que nous avons toutes sollicitées, sans réponse pour l’heure.
Nous avons cependant constaté qu’au moins deux signes lient formellement ces sites entre eux : d’abord, les publicités qu’ils affichent sont toutes liées au même compte Google AdSense. Cela veut dire qu’un même administrateur se charge de gérer les publicités affichées sur l’ensemble des publications. Ensuite, le même compte Google Analytics est utilisé pour mesurer l’audience de chacun d’entre eux, ce qui témoigne là aussi d’une gestion unique.
On retrouve également des éléments graphiques communs entre certains des sites, voire même des contenus similaires ou identiques de l’un à l’autre.
A gauche, un article du site Libre-Info.org. A droite, le même article sur Seelife.fr. Les Décodeurs
Intox et sensationnalisme à tout-va
Si tous ces sites sont trompeurs, dans le sens où leurs auteurs avancent masqués, ils nous apparaissent surtout problématiques à cause de leur contenu. Les informations qu’ils véhiculent sont reprises d’autres sources, parfois même recopiées, et pas toujours les plus fiables. On peut par exemple citer des vidéos publiées par le site d’Alain Soral, Egalité et réconciliation, ou des théories contestées d’Henri Joyeux.
Au-delà des sources, les affirmations elles-mêmes sont très souvent bancales, pour ne pas dire fumeuses. Les titres mensongers se comptent par dizaines, sur des sujets aussi variés que le résultat des élections, la politique vaccinale, le compteur électrique Linky ou la guerre en Syrie. Le site Onsaitcequonveutquonsache.com écrit ainsi que « l’attentat contre Charlie Hebdo a été fomenté par le gouvernement français ». Altersante.fr affirme que « l’ail est 15 fois plus puissant que les antibiotiques ». Cadoitsesavoir.fr fait même état, sans sourciller, d’une « rumeur » qui présente Alexandre Benalla comme « l’amant de Macron ».
Lorsqu’ils perdent en crédit, ses sites ferment et rouvrent sous un nouveau nom
Multiplier les sites a plusieurs intérêts pour leur créateur. D’abord, gagner en visibilité. A eux tous, ils cumulent une audience considérable sur les réseaux sociaux. Leurs publications sont ainsi partagées, commentées ou « aimées » autour d’un million de fois par mois sur Facebook, selon les données que nous avons pu récolter grâce à l’outil d’analyse BuzzSumo. Un point loin d’être anecdotique : ces sites sont truffés de publicités, issues de Google ou de modules, comme Taboola, qui rapportent des revenus en fonction du nombre de clics générés.
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Autre intérêt : pouvoir remplacer un site par un autre lorsque l’un d’entre eux est trop exposé pour ses mensonges. Cela a, par exemple, été le cas pour Onsaitcequonveutquonsache.com, qui a sacrément perdu en crédit après avoir été mentionné dans plusieurs de nos articles et tourné en ridicule dans une vidéo de la chaîne YouTube WTFake. Interrogé par la journaliste Aude Favre sous son pseudonyme « Alain Proviste », l’administrateur du site peinait à défendre le sérieux de son travail, se réfugiant derrière le fait qu’il ne peut pas « tout tout tout vérifier ».
Onsaitcequonveutquonsache.com a finalement été enterré au cours de l’année 2018, mais d’autres, comme Reveillezvous.fr ou Quelmonde.fr, lui ont succédé.
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Derrière ces sites, un ingénieur informatique qui dénonce les « manipulations » des médias
Tous ces sites ont-ils été créés à des fins idéologiques, pour diffuser des messages politiques ? Ou purement mercantiles, pour permettre à leur créateur de générer des revenus publicitaires ? Vraisemblablement les deux à la fois : si beaucoup de publications portent principalement sur des sujets d’actualités, certaines s’en écartent complètement. Nous avons même retrouvé la trace d’un site pornographique dans cette nébuleuse éclectique.
Contacté par écrit, Johann Fakra n’a pas répondu à ces interrogations, contestant d’emblée jouer un rôle dans l’administration de ces médias. Nous lui avons alors demandé pourquoi la page Facebook Ça doit se savoir, qui est mise en avant sur dix de ces sites, avait été ouverte à son nom en 2014 (un élément que nous avons simplement pu constater grâce à une fonctionnalité publique de la plate-forme) :
Le premier nom de la page Facebook Ça doit se savoir était « Johann Fakra ». Facebook.com / Ça doit se savoir
« Je ne saurais l’expliquer », nous a répondu Johann Fakra, avant de mettre un terme à nos échanges. Quelques instants plus tard, la page Ça doit se savoir était inaccessible sur Facebook, et elle l’était toujours au moment de la publication de cet article.
« Il nous a dit qu’il allait travailler sur des projets de monétisation de blogs » – Un ancien associé
Sur son CV en ligne, Johann Fakra se présente comme « président fondateur » de Tu sais quoi ?, une société qui édite le « premier média 100 % libre et démocratique » dont le lancement est « prévu en 2017 ». Cette société existe bel et bien : elle a été créée en 2016 et le quadragénaire la dirige bien par l’intermédiaire d’une autre société, Timayo, créée quelques mois auparavant. Mais le site annoncé, Tusaisquoi.fr n’a pas, pour l’heure, vu le jour.
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Avant de se lancer dans la création de sites Web à son compte, Johann Fakra travaillait au sein de Skilld, une société informatique de développement Web et mobile sise à Paris. « Cela fait deux ans environ qu’il a quitté l’entreprise, il nous a dit qu’il allait travailler sur des projets de monétisation de blogs », explique l’un de ses associés de l’époque. S’il concède ne pas connaître les activités exactes de son ancien collègue, il constate que ce dernier a peu à peu versé dans le conspirationnisme :
« C’était vraiment une chose sur laquelle on n’était pas en phase, les sites de désinformation et complotistes, ce n’est pas trop mon truc. Il était difficile de discuter avec lui de ces sujets. »
En 2016, Johann Fakra déclarait vouloir « créer un média participatif totalement libre et indépendant » dans une interview au site On passe à l’acte, qui recense des initiatives de « projets de bien commun ». Il y affirme être parti « en quête de vérité » après avoir survécu à un cancer. Deux ans plus tard, la galaxie de sites qu’il a réellement créée, cette fois de manière anonyme, apparaît bien loin de cet idéal.
La liste des sites administrés par Johann Fakra
entrées affichées
Recherchez :
Adresse web (URL)
Adresse web (URL)
https://www.unmonde2fou.fr/
https://www.troprigolo.fr/
https://www.traqueursdelinfo.fr/
https://www.tranchederire.fr/
https://www.ta-sante.fr/
https://www.seelife.fr/
https://www.see-life.fr/
https://www.reveillezvous.fr/
https://www.remedes-de-grands-meres.fr/
https://www.quelmonde.fr/
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Mentions légales Politique de confidentialité Conditions généralesSi la police a accès à distance aux Tesla, ça veux dire qu'en tant que hacker, l'on doit aussi pouvoir y arriver.
Donc il est possible de :
- jouer à la voiture téléguidé grandeur nature
- voler / déplacer / accidenter des voitures à distance
- séquestrer des personnes
- tuer des personnes
- suivre le déplacement des Tesla dans le monde (bon pleins d'autres systèmes le permettent aussi)
- si la police en a après vois, n'espérez pas fuir à bord de votre Tesla
Perso, j'aime pas.
Pour tester la neutralité du réseau.
“When Collins came in he saw me stuck there, and without being asked he got out of his car and offered it to me to finish in,” Fangio said.
“That was a fantastic gesture. My anxiety and misery gave way to joy, so much so that I threw my arms around him and kissed him.”
“All I could think of out there was that if I won the race and the championship I would become an instant celebrity. I would have a position to live up to. People would make demands of me. I would be expected at all times to act like ‘The Champion.’"
Une femme aillant perdu son mari promeneur dans la haute savoie... d'une balle dans la tête !! en 2015
===
Monsieur le Président de la République, Monsieur le président de la fédération nationale des chasseurs, Messieurs les présidents des fédérations départementales, Mesdames et Messieurs les chasseurs.
Il y a 3 ans le 5 décembre 2015, mon mari est mort d’une balle en pleine tête, tué par un chasseur dans les hauteurs d’Annecy alors que nous courrions tous les 2 sur des sentiers balisés. Il était le papa de 2 petites filles, de nos 2 petites filles… Nous aimions la nature, nous aimions le sport, nous aimions notre liberté. Ce jour-là un jeune chasseur, aveuglé par sa passion de la chasse, a tiré sans prendre le temps d’identifier sa cible ( mon mari mesurait 1,83 m et nous étions à 30 cm l’un de l’autre) , a enfreint toutes les règles de sécurité et a tué mon mari.
Depuis notre accident, certaines mesures de sécurité complémentaires ont été prises. Il n’y a d’ailleurs qu’en Haute Savoie que cela a été fait, les autres fédérations de chasse n’ayant pas voulu en entendre parler, cela était certainement trop contraignant… Mais force est de constater que ces mesures sont loin d’être suffisantes et samedi, de nouveau en Haute Savoie, c’est un VTTiste de 34 ans qui est mort tué, lui également par un jeune chasseur. Il semble également qu’un Vttiste soit assez identifiable, avec son vélo... Lui aussi aimait la nature, lui aussi était heureux certainement ce jour-là de pratiquer son sport mais il est mort tué par un chasseur qui pratiquait lui aussi son loisir… !! La différence c’est que nous pratiquons, nous, marcheurs, promeneurs, coureurs, VTTistes, ramasseurs de champignons, des loisirs qui ne mettent pas la vie d’autrui en danger. Les chasseurs si ! Et Monsieur le président, vous décidez début septembre de rendre le permis de chasse encore plus accessible en divisant son prix par 2, sans aucune contrepartie au niveau de notre sécurité et de notre liberté.
Partageons la nature, c’est cela le message des fédérations ? Comment cela est possible quand n’ importe qui peut passer et obtenir son permis de chasse, sans encadrement, sans tutorat, sans zone clairement délimitée, sans jour et heures délimités le week-end, sans contrôle, sans sanction? C’est une activité qui doit être pratiquée par des personnes qui sont en mesure de pratiquer ces activités avec des règles strictes et un encadrement stricte.
La pratique aujourd’hui des sports Outdoor, des activités en plein air, le mode de vie des gens vivant à la campagne, à la montagne a évolué. N’est-il alors pas nécessaire de faire évoluer également cette pratique qui aujourd’hui tue entre 20 et 30 personnes par an. Où vivons-nous ? Où se trouve le respect de notre liberté ? Combien de morts faudra-t-il pour que vous décidiez de mettre des vraies mesures en place ?
Monsieur le Président, Monsieur le président de la fédération nationale des chasseurs, Messieurs les présidents des fédérations départementales, Mesdames et Messieurs les chasseurs, je vous pose la question, prenez quelques minutes pour y réfléchir.