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Samedi 05 janvier 2019
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Pourquoi j’ai peur de voir le code être enseigné à l’école
Ceci est une réflexion inspirée de cet article (avec lequel je suis assez d’accord) :
Vos enfants ont mieux à faire qu'apprendre à coder | Slate.fr
Je suis totalement pour permettre aux jeunes de découvrir le monde du code : ils utilisent déjà pour la plupart des logiciels et des « choses » qui existent grâce au code. Je ne vois donc pas de raison pour leur fermer la voie. Autant pour la pyrotechnie, l’aviation ou l’armurerie, je comprends, autant pour le code, non.
D’un autre côté, si ils veulent laisser des profs enseigner le code, il va falloir faire évoluer le système en profondeur. On ne peut pas apprendre à quelqu’un a devenir un codeur, comme on n’apprend pas à quelqu’un à devenir un peintre ou un musicien.
Le code, c’est une machine à erreurs
Premièrement, je vois mal des profs (actuels et en France, je ne saurais le dire pour ailleurs) enseigner aux élèves à coder. Pour la simple raison que l’enseignement actuel est basé sur le par-cœur et sur « l’interdiction » de faire des erreurs.
Pour l’instant, que ce soit en math, en français ou en physique, si tu fais une erreur, on te retire un point : l’erreur c’est mal.
ÉDIT : Arnaud me signale un point de vu intéressant au sujet de la pression faite au niveau des erreurs, en particulier sur le rôle des parents là dedans plus que celui des enseignants.
(Voyez aussi le premier commentaire sous cet article pour plus de détails sur tout ça ; je ne souhaite pas trop éditer cet article davantage)
Or, la prog, c’est tout le contraire justement.
Personne, même après 30 ans, n’écrit un code qui fonctionne du premier coup. On fait des milliers d’erreurs avant d’avoir une seule fonction qui fonctionne, et on en fera mille autres pour la fonction suivantes, et ainsi de suite.
Dans la plupart des langages, si on fait un code faux, le compilateur indique où se trouve l’erreur, comment la corriger et pourquoi elle est là, mais elle laisse toujours le soin à celui qui code de corriger l’erreur. C’est une sacrée différence avec l’enseignement d’une autre langue comme l’anglais, par exemple, où l’on donne d’abord la bonne réponse (la bonne prononciation, la bonne conjugaison, etc.) puis on dit « répète après mois ».
Je ne connais aucune autre discipline où l’apprentissage est autant basée sur l’erreur que le code.
La musique ? Non : on te dis comment faire un "la", tu fais un "la". Si tu fais un "do" tu es puni car tu ne fais pas exactement ce qui est demandé.
L’art ? Non. Les math, la grammaire, l’anglais ? Pareil.
Le sport ? Non : c’est pas basé sur l’erreur, mais sur le progrès permanent. C’est important, mais c’est pas pareil. Et puis dans les sports de duel, l’erreur de l’un est le contraire d’une erreur pour l’autre, donc il est impossible de ne pas voir d’erreurs en sport.
En code, il n’y a pas de bonne réponse
Deuxièmement, parce que le code c’est de l’art : il y a 10 000 façons d’arriver au même résultat. Certains auront des avantages que d’autres n’ont pas, mais ça ne veut pas dire qu’il y a des codes "faux" et des codes "justes".
Or, combien de fois, en math par exemple, des points sont retirés sur une copie non pas parce que le résultat est faux, mais parce que la méthode pour parvenir au résultat n’est pas celle vue avec le professeur ? Ça arrive très souvent.
Parfois c’est justifié : dans un cours sur la trigonométrie, si on demande de calculer la longueur d’un côté d’un triangle, il faut utiliser la trigo et pas Pythagore.
Mais la « vraie vie » ne marche pas comme ça, et la prog non plus.
Aussi, qui dit « plusieurs façons de faire », dit « un choix à faire ».
Là encore, vous avez déjà vu la tête d’un gamin à qui on dit « tu choisis la méthode que tu veux » ? Ils sont perdus : ils ne savent pas choisir !
Trop habitués aux consignes du style « En utilisant le cosinus, calculer x. » ou « En vous servant de Pythagore, trouvez x. ». Alors qu’une consigne du style « Déterminez x. » serait tellement mieux, ne serait-ce que pour l’élève déterre lui-même les outils adéquat à la résolution du problème.
Généralement, les examens finaux (brevet, bac) sont fait comme ça : il s’agit de trouver la réponse qu’importe l’outil utilisé. Mais c’est souvent la première fois que l’élève se trouve face à ce genre de question et il panique.
Le code, c’est des tas de choix à faire : quel langage ? quel framework ? quelle fonction ? quelle API ?
Et je ne parle pas des versions, de l’IDE ou du nom des variables… Quand on voit le nombre de gens qui râlent sur la diversité des distributions Linux et sur l’impossibilité de faire un choix, c’est mal barré…
La prog, c’est sans cesse faire des choix, des choix, des choix…
… et bien-sûr, forcément, parfois on fait le mauvais choix : utiliser du C pour faire un formulaire de renseignement pour un contact, c’est une mauvaise idée.
Du coup on a encore un choix : rester sur son erreur pour ne pas perdre 15h de travail ? Ou tout balancer et recommencer avec un autre langage plus adapté ?
Il suffit de voir comment les élèves font de l’art plastique ou font leur exercice de rédaction : c’est rare qu’ils choisissent de recommencer de zéro quand ils ont passé 2h à faire un truc qui n’avance plus…
Programmer, c’est en fait revenir à ce qu’on faisait à l’école maternelle : si je tombe, je me relève. 1 fois, 5 fois, 20 fois : peu importe. Les jeunes enfants n’ont pas peur de détruire leur sculpture en pâte à modeler ou en légo, s’ils voient que ce qu’ils ont fait ne tient pas debout. Ils cassent tout et ils recommencent.
Demandez maintenant à un ingénieur à jeter un projet mort-né sur lequel il a balancé 100 k€ : il refusera.
Tout ça parce qu’il ne verra que les coûts passé, et non le gain à venir de laisser tomber ça : revenir sur des dépenses passées est impossible, donc autant cesser les dépenses inutiles maintenant plutôt que plus tard, non ?
En toute logique, oui.
Économiquement parlant, aussi.
En pratique, aucun cadre d’entreprise ne fera ça, et c’est psychologique (et cette éternelle « interdiction de faire des erreurs » en est probablement la cause).
Or en prog, justement il faut être logique. Oui, on a le droit de préférer le C au PHP, mais s’il s’agit de faire dans le web, le C est aussi adapté que prendre une voiture F1 pour labourer son jardin.
Faut pas avoir peur de casser des trucs : c’est comme ça qu’on apprend.
Et il ne faut pas non plus avoir peur de faire à sa façon, de faire différemment du prof. En code (contrairement à l’orthographe), la différence est une force.
En code, il n’y a pas d’études puis le travail.
(l’enphase est bien sur le « puis »).
Programmer c’est apprendre tout sa vie, constamment.
Que ce soit une nouvelle API, un nouveau langage, ou tout simplement de nouvelles choses à faire qu’on ne pensait pas possible avant, l’apprentissage est constant.
L’école nous dresse pourtant au contraire à apprendre des choses durant 5 ans, recracher ça en 4 heures lors d’un examen, et après c’est bon, on a le droit d’avoir les clés d’un métier pour mettre en pratique tout ce qu’on a appris. Apprentissage, validation, mise en pratique. De temps en temps on a droit à une formation de mise à niveau.
La prog, encore une fois, c’est différent : on apprend et on met en pratique tout en même temps ; et la validation est-elle instantanée : c’est le compilateur qui nous valide ça à la volée : ton code est faux, ça marche pas, tu t’arrêtes. Ton code est valide, il marche, tu peux continuer.
Si l’on n’est pas prêt à apprendre de nouvelles choses tous les jours, il ne faut pas coder.
Peut-être que dans 5 ans le langage que vous maîtrisez aujourd’hui sera oublié : il faudra vous recycler. C’est pas grave, c’est normal. Mais faudra passer par là.
Ceci est valable pour l’élève qui apprend un langage aujourd’hui, mais aussi pour le prof.
Pour conclure
Pour résumer, si j’ai peur d’une chose, c’est que l’enseignement n’évolue pas assez pour permettre d’apprendre la programmation.
Le code ce n’est pas écrire des choses justes tout le temps. C’est écrire des choses, fausses et justes, puis corriger peu à peu ce qui est faux.
Le code ce n’est pas reproduire les mêmes gestes que l’enseignant. C’est faire le choix de ses propres gestes, du moment que le résultat est celui qui est demandé.
Le code ce n’est pas apprendre 5 ans, valider en 4 heures et travailler durant 40 ans. C’est apprendre en travaillant et valider à la volée tout en même temps.
Enfin, le code est pour l’instant la seule discipline (avec le sport et éventuellement la musique) que la plupart des codeurs ont commencés par eux-même bien avant que l’école ne les mette sur cette voie.
Tous les informaticiens jusqu’à maintenant sont surtout des passionnés qui ont débuté dans leur chambre. Personne, ou alors vraiment très peu de gens, ont tapé leur première ligne de code dans une salle de classe (contrairement à une équation, un poème, un paragraphe en anglais, une réaction chimique ou une carte de l’Europe).
Donc faire découvrir le code à l’école, je suis totalement pour, histoire de révéler des talents cachés chez des jeunes qui adorent ça sans le savoir, mais l’enseigner comme on enseigne les math ou le français, ça promet un échec monumental, qui ne viendra pas de l’élève, ni du prof, ni du langage de programmation enseigné.
image de Dilshan Jayakody
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1 commentaire
gravatar Dimanche 06 janvier 2019
Le Hollandais Volant a dit :
Concernant le rôle des parents :
C’est un point que je n’ai pas abordé, mais c’est clair qu’il aurait sa place ici aussi.
Néanmoins, je n’ai pas dit que le « pointage des erreurs » était la faute des enseignants, mais celui de l’enseignement dans son ensemble.
Retirer un point à chaque erreur (comme dans une dictée) c’est une façon très simple de noter un élève, mais [à mon avis] pas la meilleure pour apprendre. Si l’erreur permet d’apprendre, il faudrait aussi fait le contraire : donner un texte bourré de fautes et mettre un point à chaque fois que l’élève découvre une erreur.
Ça se fait pas mal en faisant échanger les copies entre élèves, et c’est pas mal : comme le disait la remarque d’Arnaud, ça permettrait aussi à l’élève d’avoir seul son erreur face à lui (et il n’aurait donc pas le regard du parent au dessus de lui) : il peut alors la corriger tranquillement, sans pression.
Chose qui est très présente en prog (pour en revenir) :
L'avantage de la programmation permet à l'élève de savoir s'il y a une erreur sans regard extérieur. Cela dédramatise l'erreur et c'est un avantage certain où parfois pour certains élèves le regard extérieur est crispant (on en revient à la pression liée à l'erreur).
Concernant le rôle des parents, on cite souvent cette phrase : « les parents, ce sont des gens qui t’apprennent à parler et à marcher, pour ensuite te dire de te taire et de t’asseoir ».
Alors je ne suis pas parent, mais j’ai été enfant moi-même. Et si mes parents m’ont foutu royalement la paix niveau notes (probablement parce qu’elles étaient bonnes — ou peut-être étaient-elles bonnes parce que je n’avais pas de pression ?), et m’ont toujours plutôt encouragés à expérimenter et à essayer des choses plutôt que me dire « fais pas ci - fais pas ça » constamment, il faut voir qu’en effet, la première chose qui empêche les gens d’être curieux, de poser des questions, de découvrir les réponses, etc. ce sont les parents.
Il n’est pas non plus sans mentionner le rôle de la religion là-dedans : quand j’étais petit (il y a 20 ans) je vivais dans un petit village au centre de la France. Tous mes camarades allaient probablement à l’Église, et en tout cas tous parlaient de catéchisme. Sans vouloir caricaturer, et en tout cas pour le catholicisme, poser trop de questions peut vite devenir problématique. Ce n’est pas la science qui a dit que la curiosité était un vilain défaut. Au contraire : en science, le défaut de curiosité est très vilain.
Ce que je veux dire par là, c’est que si l’on arrêtait d’interdire aux enfants d’expérimenter des trucs, de faire des erreurs, voire de se faire mal, on pourrait éventuellement casser cette psychose de l’erreur, et aussi la psychose d’avoir à s’avouer dépassé (chose que j’illustre dans mon article par l’ingénieur qui refuse d’admettre que son projet est pourri).
Ceci est d’ailleurs repris par beaucoup de monde : https://lehollandaisvolant.net/?id=20150513162120
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Tous les appareils Android disposent de menus cachés. Loin de masquer des secrets inavouables, ces derniers permettent d’explorer des fonctions généralement réservées aux constructeurs, voire aux opérateurs qui souhaiteraient modifier un paramètre précis (comme la fréquence utilisée, etc …) via des codes secrets spécifiques.
En résumé et c'est ce que j'en retiendrais:
- Avant, on avait un abonnement à 9kW et mtn on a un abonnement à 9kVA
En prenant l'exemple d'une console qui consomme 220W et 264 VA, il démontre que si avant on pouvait consommer 8700W et rester en dessous de 9000W de notre abonnement, maintenant il faudra passer à l'abonnement supérieur - La durée de vie d'un compteur linky à 20 ans est peu probable
- La majorité des feux sont sûrement dû à une mauvaise installation "mais" un composant supportant les surcharges ne semblent pas suffisamment protégé
L’échange entre Laurent Martel, actuel conseiller fiscalité de Macron, et Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée, est authentique. Mais l’objectif de la taxe carbone (financer la baisse des prélèvements pour les entreprises) était connu... dès sa création en 2014.
Question posée par Laura le 25/12/2018
Bonjour,
Vous êtes plusieurs à nous solliciter concernant un tweet de l’avocat Juan Branco, ancien candidat de la France insoumise aux dernières législatives et proche de Julien Assange. Celui-ci avance que «dès le début, la taxe carbone a été conçue pour compenser l’allégement des cotisations patronales», et présente cette information comme une «exclu», que les gilets jaunes auraient en fait «intuitivement deviné». Un tweet repris dans la foulée par le compte officiel de Wikileaks.
[EXCLU] Dès le début, la taxe carbone a été conçue pour compenser l’allégement des cotisations patronales. L’entourloupe que les gilets jaunes ont intuitivement deviné était accessible à tous sur les Macronleaks. Personne n’a relevé. https://t.co/uAkDD2bUfi
— Juan Branco ✊️ (@anatolium) 24 décembre 2018
La source de son «exclu» que «personne n’a relevée» ? Les Macronleaks, cet ensemble de 15 gigaoctets de courriels et autres documents privés, issus du piratage des boîtes mails de plusieurs responsables de la campagne d’En Marche et diffusés à deux jours du second tour de la présidentielle française de 2017. Des documents qui révélaient notamment comment le mouvement En Marche s’était financé grâce aux dons des réseaux bancaires ou des patrons de start-up, comme le racontait alors Libération.
Juan Branco vise un échange en particulier, contenu dans ces Macronleaks : deux cadres de la campagne, Laurent Martel et Alexis Kohler, qui deviendront respectivement conseiller fiscalité du président Macron et secrétaire général de l’Elysée, échangent par mail à propos d’une note sur la fiscalité écologique, en novembre 2016.
Ils y évoquent la «convergence», entamée timidement par la majorité précédente, de la fiscalité de l’essence et du gasoil, via une augmentation du prix de ce dernier. Et intégrée dans la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). «Le rendement serait de 1,4 milliard d’euros (par an) pour une hausse de 17 centimes du prix au litre du diesel à horizon de 5 ans», calcule Kohler, soit «un poil moins de 7 milliards d’euros» sur le quinquennat à venir selon Martel.
Pour justifier cette augmentation, Martel a la solution : «On pourra toujours raconter une histoire : alignement sur la moyenne européenne de l’écart essence/diesel, division par deux de l’écart, convergence complète mais très progressive…» Quelques jours plus tard, il émet quelques doutes sur l’opportunité d’une trop forte augmentation du prix du carburant : «Si l’on n’osait pas cette convergence complète, ce qui pourrait parfaitement se comprendre, voire serait raisonnable, dans un contexte où le prix des carburants sera déjà tiré à la hausse par la montée de la composante carbone, dans les proportions indiquées par la note, on pourrait se contenter d’une convergence partielle.» Il conclut toutefois : «Mais d’autres histoires peuvent se raconter, bien sûr, pour justifier une convergence partielle gazole/essence qui rapporterait ce que l’on cherche.»
Ce que l’on cherche ? Les deux responsables d’En Marche s’interrogent en fait sur l’affectation de la recette : «La question est ouverte de savoir si l’on affectera intégralement le rendement de la fiscalité écologique au financement des exonérations sociales ou s’il faut en réserver une partie […] à une compensation "ménages".» En d’autres termes, il s’agit bien de financer «une baisse de cotisations patronales par une hausse de la fiscalité diesel», comme le résume Kohler à la fin de l’échange.
Par un raisonnement qu’il qualifie lui-même de «tiré par les cheveux», Martel défend la mesure en expliquant que si elle «pèsera pour 50%» sur les 60% les moins aisés de la population, elle financera une mesure qui leur «bénéficiera intégralement». Pour parvenir à cette conclusion, il faut considérer «que la baisse des cotisations patronales bénéficiera à l’emploi ou aux salaires», concède Kohler.
MacronLeaks : le vrai du faux
Vous nous interrogez tout d’abord sur l’authenticité de ces échanges. Comme CheckNews a pu le vérifier, le mail cité par Juan Branco figure bien dans les mails contenus dans l’archive de 15go des MacronLeaks. La signature DKIM de ces mails permet par ailleurs de confirmer qu’ils ont bien été émis par les adresses mails de Laurent Martel et Alexis Kohler. Enfin, Libération avait pu recouper les informations contenues dans les MacronLeaks en mai 2017, permettant de confirmer l'authenticité des nombreux mails étudiés, sans en trouver un seul de faux dans l’archive contenant les documents piratés. Ce qui n’avait pas empêché de nombreux faux documents, qui ne sont pas dans l’archive, de circuler en parallèle aux vrais (et En Marche d’en profiter pour faire passer de vrais documents pour des faux, comme en témoignait un cadre du parti).
Vous nous posez ensuite des questions sur le fond de l’affaire et son traitement médiatique. Juan Branco lui-même s’offusque par exemple de l’absence de relai médiatique de ses «révélations» : «Des faits avérés, des sources béton, la révélation d’un mensonge d’État à l’origine d’une révolte majeure qui a fait trembler tout un pays, mourir dix personnes et blesser des centaines, explosé un régime, et 24 heures après, pas une reprise dans les médias. Continuez comme ça les gars», fustige ainsi l’avocat… qui ne doit pas beaucoup lire CheckNews.
Nous avons ainsi évoqué à plusieurs reprises le financement des allègements de prélèvements obligatoires des entreprises par la fiscalité écologique. Dans un article du 28 novembre (et dans un autre du 13 novembre), nous expliquions qu'«une partie de la TICPE, la part carbone, avait pour objectif, dès sa création en 2014, de financer une partie du CICE naissant (crédit d'impôt compétitivité emploi). Appelée "contribution climat énergie", elle ne va cesser d’augmenter juqu’en 2030, et est à l’origine, entre autres, de la colère des gilets jaunes».
Une information publique depuis 2014
Plus largement, nous écrivions que la quasi-totalité de la hausse de la fiscalité écologique en 2019 irait abonder le budget général de l’Etat, plutôt que de financer la transition énergétique. Comme le rappelait d’ailleurs le rapporteur de la commission des Finances du Sénat, le 7 novembre dernier : «Cette fiscalité dite écologique a essentiellement, disons-le, un objectif de rendement. Interrogée ici même à trois ou quatre reprises sur la part des 37,7 milliards d’euros de TICPE qui sera nouvellement affectée à la transition énergétique, Mme Wargon [secrétaire d’Etat à l’écologie, ndlr] n’a pas su nous citer d’autres mesures que celles qui existent déjà… […] Le surplus, qui passe de 13,3 à 17 milliards d’euros, ira intégralement au budget général de l’État. Notre commission n’est pas forcément favorable à la fiscalité affectée, mais il n’est pas honnête de dire que la TICPE aidera les Français en matière de conversion énergétique.»
En réalité, l’information selon laquelle la convergence essence-diesel ou la contribution climat énergie (CCE), dite taxe carbone, servent à financer la baisse des prélèvements obligatoires des entreprises… est publique depuis la création de la taxe carbone il y a quatre ans.
C’était même une demande figurant noir sur blanc dans la lettre de mission de juillet 2013 du ministre de l’Économie (Pierre Moscovici) et de la ministre de l’environnement (Delphine Batho), à l’attention de Christian de Perthuis, président du comité pour la fiscalité écologique (CFE) chargé de mettre en place cette taxe carbone. Et évidemment rendue publique. Un choix totalement assumé par la majorité de l’époque, et repris par l’actuelle.
Plus récemment, un rapport de septembre 2017 de l'économiste Marianne Ollivier-Trigalo, consacré à la taxe carbone, expliquait que la plupart des membres du comité pour une fiscalité écologique (CFE), comme son secrétaire général, dénonçaient cette demande du gouvernement de financer le CICE par la fiscalité environnementale (extrait ci-dessous).
Parmi les membres de cette instance: les associations environnementales les plus connues ou encore l’ensemble des syndicats. Difficile de faire moins confidentiel.
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Opinions Tribunes
Avec le laser, "On peut réduire la radioactivité d'un million d'années à 30 minutes" Gérard Mourou, prix Nobel de physique
Par Benoît Tonson, The Conversation | 03/10/2018, 18:33 | 845 mots
(Crédits : TT NEWS AGENCY)
Ce mardi 2 octobre, Gérard Mourou, professeur émérite à l’école polytechnique, recevait le prix Nobel de physique 2018. Il vous explique ses découvertes et leurs applications. Propos recueillis par Benoît Tonson, The Conversation
Gérard Mourou, professeur émérite de l'École polytechnique a été récompensé par le prix Nobel de physique 2018. Il partage cette récompense avec la Canadienne Donna Strickland pour avoir conjointement élaboré une méthode de génération d'impulsions optiques ultra-courtes de haute intensité, ainsi qu'avec Arthur Ashkin pour l'invention des pinces optiques et de leurs applications médicales. The Conversation l'a rencontré à l'École polytechnique, le jour de l'annonce du prix.
La technique qui m'a valu le Nobel
J'ai obtenu le Nobel pour l'invention d'une technique laser appelée chirped pulse amplification (CPA) : une méthode de génération d'impulsions optiques ultra-courtes de haute intensité. Elle permet d'obtenir des puissances considérables, d'aller dans des domaines de la physique qu'on ne pouvait pas atteindre. Les puissances de laser atteintes aujourd'hui sont de l'ordre de 1021 W/cm2. Elles permettent d'obtenir des pressions, températures et champs électriques extrêmement élevés en laboratoire.
Amplification par étalement et recompression des impulsions (CPA). Strickland et Mourou, Opt.Comm.56, 219 (1985)
Avant le développement de cette technique, on était gêné car on arrivait à un certain seuil de puissance où on ne pouvait plus amplifier. Le champ électrique laser était tellement élevé que l'on endommageait le matériel optique lui-même.
C'est en 1983, avec mon étudiante Donna Strickland avec qui je partage ce Nobel que nous avons imaginé la CPA.
Notre idée était d'étaler dans le temps les composantes de fréquence et allonger les pulsations de quelques femto secondes (10-15 secondes) à quelques nano secondes (10-9). Cela diminue leur intensité et permet de les amplifier sans saturation. Un second système de réseaux recomprime ensuite les pulsations amplifiées. Un énorme gain en intensité est réalisé. C'est comme au karaté : on délivre une puissance très importante dans un temps très, très bref.
Lorsque j'ai soumis cette idée à Donna, en lui demandant de la mettre en œuvre, elle m'a répondu que c'était « facile » et que ça « ne constituait même pas un sujet de thèse ». Je peux lui dire aujourd'hui, qu'elle avait raison ce n'était pas un sujet de thèse, c'était un sujet de prix Nobel !
Un laser surpuissant pour la chirurgie de l'œil
La plus connue des applications, c'est la chirurgie de l'œil : c'est notre invention ! Ce que l'on appelle la chirurgie femto seconde réfractive de l'œil et de la cornée. L'impulsion est tellement courte que l'on peut faire une ablation alors que la matière n'a pas le temps de suivre, donc rien n'est détruit autour. Le risque d'effet délétère pour le patient est ainsi minimisé et notre technique a permis de corriger la vue de millions de personnes.
Tout est parti d'un accident : au début de l'utilisation de ce laser, un étudiant était en train de monter son expérience, d'aligner le laser. D'un coup « pof », il prend un coup de laser dans l'œil ! On l'amène à l'hôpital et quand l'interne l'a examiné, il s'est exclamé : « incroyable ! Qu'est ce que c'est comme laser ? » L'œil était endommagé, mais là, la blessure était « parfaite ». C'est-à-dire qu'il y avait une tâche, nette, sans débris autour, alors qu'habituellement une lésion provoquée par un laser ressemble à un volcan. On a pensé qu'il y avait là, matière à essayer cette technologie dans le domaine de l'ophtalmologie. Deux ou trois jours après, le médecin m'a téléphoné en me demandant de faire partie de notre équipe, et nous avons travaillé ensemble à l'élaboration de cette technique.
Une idée pour les déchets nucléaires
Celle qui me tient particulièrement à cœur est le traitement des déchets radioactifs avec nos techniques lasers. Je m'explique : prenez un noyau atomique : il est composé de protons et de neutrons, si on met un neutron en plus ou si on enlève un, ça change absolument tout. Ce n'est plus le même atome, ses propriétés vont alors totalement changer. La durée de vie de ces déchets est changée fondamentalement : on peut la réduire d'un million d'années à 30 minutes !
On est déjà capable d'irradier avec un laser à grand flux beaucoup de matière d'un seul coup, la technique est donc parfaitement applicable et théoriquement rien ne s'oppose à une utilisation à échelle industrielle. C'est le projet que je suis en train de lancer en collaboration avec le CEA. Nous pensons que d'ici 10 ou 15 ans nous pourrons vous montrer quelque chose.
C'est vraiment ce qui continue à me faire rêver : toutes les applications futures de notre invention. Lorsqu'on travaille, c'est la passion qui nous anime, pas les espoirs de Prix Nobel. C'est notre curiosité qu'il nous faut assouvir. Après mon prix, je vais continuer !
The Conversation ___
Gérard Mourou, Professeur et membre du Haut-collège, École Polytechnique ; propos recueillis par Benoît Tonson, Éditeur Science + Technologie, The Conversation France.
La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation
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Commentaires
bourlier G a écrit le 27/11/2018 à 20:28 :
Monsieur gérard Mourou et son équipe
On ne peut que vous féliciter et remercier , pour ma part je suis contre l'enfouissement définitif des produits radioactifs ; en conséquence je souhaite que notre pays finance votre projet de transmutation des produits radioactifs avec de gros moyens , en tout les cas ceux que vous jugeriez utiles à la réussite de votre projet pour des délais les plus rapides . Nous n'avons à l'heure actuelle que trop de produits à forte radioactivité en stock .Nous comptons beaucoup sur votre travail .
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Glorfindel a écrit le 22/10/2018 à 16:22 :
Bonjour et félicitations, à lui ....
Mais École Polytechnique de Paris ou de Lausanne ???
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Réponse de Gogol le 25/11/2018 à 17:24 :
Google... jamais entendu parler ?
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